Le feu du ciel

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Le feu du ciel
© Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet
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Other visual (1)
Les Orientales (V.Hugo)
Le feu du ciel
Boulanger, Louis Candide
Dating
Vers 1829
Museum
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Creator(s)
Boulanger, Louis Candide (Vercelli, 11–05–1806 - Dijon, 05–03–1867), peintre
Dates
Vers 1829
Object type(s)
Type(s)
Materials / Technique
Museum number
212

Detailed informations

Creator(s)
Boulanger, Louis Candide (Vercelli, 11–05–1806 - Dijon, 05–03–1867), peintre
Production date
Vers 1829
Object type(s)
Type(s)
Materials / Technique
Dimensions - Œuvre
  • Hauteur : 112.9 cm
  • Largeur : 146.5 cm
Markings, inscriptions, punches
Signature - En bas, à droite
Iconographical description

Illustre le poème en 11 parties, "Le Feu di ciel", premier du recueil de Victor Hugo, "Les Orientales". La composition utilise plusieurs passages du poème, pour la description du lieu et pour celle de la vengeance divine qui s'y abat : " [...] / Des temples où siégeaient sur de riches carreaux / Cent idoles de jaspe à têtes de taureaux ; / Des plafonds d'un seul bloc couvrant de vastes salles, / Où, sans jamais lever leurs têtes colossales, / Veillaient, assis en cercle, et se regardant tous, / Des dieux d'airain, posant leurs mains sur leurs genoux. / Ces rampes, ces palais, ces sombres avenues / Où partout surgissaient des formes inconnues, / Ces ponts, ces aqueducs, ces arcs, ces rondes tours, / Effrayaient l'œil perdu dans leurs profonds détours ; / [...] / Ce peuple s'éveille, / Qui dormait la veille / Sans penser à Dieu. / Les grands palais croulent ; / Mille chars qui roulent / Heurtent leur essieu ; / Et la foule accrue, / Trouve en chaque rue / Un fleuve de feu. "

Historical background

Cette peinture s’inspire du poème du même titre, évoquant la destruction de Sodome et de Gomorrhe (achevé le 11 novembre 1828), qui ouvre le recueil « Les Orientales » (publié le 23 janvier 1829). La composition se retrouve, inversée, dans lithographie que Louis Boulanger publia chez Leprince en 1832 (inv. n° 404), comme pour « Les fantômes » du même recueil. L’histoire de ce tableau reste mal documentée et son entrée au musée soulève des interrogations. Dans sa monographie sur Louis Boulanger, publiée en 1925, Aristide Marie note, à propos de la maison de la rue Notre-Dame des champs où habitait Victor Hugo : « les deux peintres amis [Eugène Devéria et Louis Boulanger] contribuèrent à la décoration de l’appartement : on sait que la pièce principale, « la chambre du lys d’or », souvenir de l’emblème décerné à Victor Hugo par l’Académie des Jeux Floraux, était ornée d’une toile de Caravage, de plusieurs peintures d’Eugène Devéria et de l’une des premières œuvres de Boulanger, le Feu du Ciel, dont le peintre ne se sépara jamais, et qu’on peut voir encore à la maison de place des Vosges ». (p.14) Plus loin il indique « Le Feu du ciel inspire à Boulanger une autre composition qu’il interprète tour à tour par la peinture et la lithographie. La toile, largement ébauchée, d’une peinture directe, au coloris ardent, est l’une des curiosités du musée Victor Hugo. Reproduite inversement en lithographie et tirée par l’imprimeur Lemercier, en 1832, cette œuvre de même inspiration que La ronde de sabbat, ne paraît pas avoir obtenu les mêmes éloges » (p.33) Enfin, reproduisant (p.117) le catalogue de la vente d’atelier du 3 mars 1875, il liste comme n° 1 « Le Feu du ciel », peinture de dimensions supérieures à celle du musée (« H. 1m20 ; L. 2m), aujourd’hui non localisée. Une lettre de Victor Hugo (apparue sur le marché en 2015 et communiquée par Jean-Marc Hovasse) écrite à propos de la mort du peintre en 1867, apporte des précisions notables : « H. H. 22 avril [1867] / Votre lettre, Monsieur, m’a ému. Louis Boulanger était une de mes plus anciennes amitiés. Sa jeunesse avait été mêlée à la mienne. Le tableau fait par lui sur la première des Orientales, le Feu du Ciel, date de 1829, pour l’esquisse du moins, qu’il m’avait donnée, et pour la reproduction lithographique qu’il en fit lui-même. Je suis heureux qu’il ait terminé cette œuvre, et charmé de ce que vous m’en dites. C’était un cœur noble et un talent élevé. Cette hauteur d’âme qui fait les vrais artistes, je la sens dans votre lettre éloquente et cordiale, et je vous en remercie, Monsieur, avec toutes mes plus sympathiques effusions. / Victor Hugo » Cette lettre permet donc de situer la réalisation du tableau dès l'année de parution du recueil et donc antérieurement à la réalisation de lithographie. Elle confirme donc aussi la tradition de la présence de cette peinture chez le poète, rue Notre-Dame-des-Champs puis place Royale tout en faisant de cette peinture sans doute la première inspirée par l'œuvre de Victor Hugo. Le terme « esquisse » utilisé par Victor Hugo et sa phrase de: « Je suis heureux qu’il ait terminé cette œuvre, et charmé de ce que vous m’en dites » confirment l’existence de deux peintures et suggèrent que la version définitive ayant figurée à la vente de 1875, soit d’une réalisation très tardive que l’on pourrait être rapprochée de celle de la version peinte de « La Ronde de Sabbat » datant qui date de 1861, alors que la lithographie de ce poème des « Odes et ballades » avait été publiée en 1828. Comme les portraits et œuvres auxquels tenait Hugo, Le Feu du ciel ne figure pas dans la vente du mobilier consécutive au départ en exil, qui a lieu rue de La Tour-d’Auvergne, en 1852. On peut penser que l'œuvre soit restée comme d'autres objets à la garde de Paull Meurice, jusqu'à sa restauration en 1905 et son entrée au musée l'année suivante. Aucun document n’a été trouvé à ce jour évoquant son transfert à Guernesey ni dans les demeures parisiennes du poète après son retour en France. Étrangement, l’œuvre ne figure pas dans le tout premier accrochage du musée, Gustave Simon ne le mentionnant pas dans son catalogue. Cela s’explique par le très mauvais état de la peinture car un reçu de « A. Durandeau Artiste peintre », du 10 janvier 1905, établit à Paul Meurice pour la somme de 450 frs atteste la restauration du « tableau brulé et craquelé ». Une lettre de Louis Koch, neveu de Juliette Drouet, alors conservateur du musée, du 3 mars 1906 évoque un transport pour aller chercher « le grand tableau de Boulanger » rue Fortuny où habitait Paul Meurice. Dans le catalogue d’Eugène Planès, publié en 1907, il est alors décrit comme présenté dans la bibliothèque au premier étage et comme un don de Louis Koch, mention qu’aucun élément ne vient étayer et considérée aujourd’hui comme abusive.

Thèmes / Sujets / Lieux représentés :
Acquisition method
Acquisition date
1905
Museum number
212

Continuation

Continuation

Lié à Archive / Œuvre

Exhibition(s)

Title
Accrochage 2009 (Paris)
Dates
04/01/2009 to 07/01/2009
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)
Title
Accrochage 2008 (Paris)
Dates
03/30/2008 to 07/30/2008
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)

Indexation

Matériaux et techniques

Sujet représenté

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