Gilliatt

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Gilliatt
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
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Roman et nouvelle - Les Travailleurs de la mer (V.Hugo)
Gilliatt
Chifflart, François Nicolas
Datation
Vers 1869
Musée
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Auteur(s)
Chifflart, François Nicolas (Saint-Omer, 21–03–1825 - Paris, 19–03–1901), aquafortiste
Dates
Vers 1869
Datation en siècle
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Numéro d’inventaire
699

Informations détaillées

Auteur(s)
Chifflart, François Nicolas (Saint-Omer, 21–03–1825 - Paris, 19–03–1901), aquafortiste
Anonyme, imprimeur
Autre titre :
"Clubin mort venait de le regarder en riant" (Sous-titre)
Date de production
Vers 1869
Datation en siècle
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Dimensions - Coup de planche:
  • Hauteur : 32 cm
  • Largeur : 24 cm
Dimensions - Oeuvre:
  • Hauteur : 35 cm
  • Largeur : 27.7 cm
Dimensions - Montage du musée:
  • Hauteur : 53 cm
  • Largeur : 38 cm
Description

Oeuvre fixée à un montage avec passe-partout.

Marques, inscriptions, poinçons
Tampon - Tampon du musée à l'encre noire, en bas à droite de l'estampe : "MAISON DE / VICTOR HUGO"
Numéro d'inventaire - Au crayon graphite, au verso, en bas à droite : "INV - 699"
Description iconographique

Cette oeuvre s'inspire du roman de Victor Hugo "Les travailleurs de la mer", deuxième partie, livre quatrième "Les doubles fonds de l'obstacle", chapitre 6, "De profundis ad altum" et correspond au passage suivant : "Aucune des épreuves et des épouvantes que Gilliatt avait traversées n’approchait de celle-ci. En arrivant dans l’écueil Douvres, il s’était vu entouré et comme saisi par la solitude. Cette solitude faisait plus que l’environner, elle l’enveloppait. Mille menaces à la fois lui avaient montré le poing. Le vent était là, prêt à souffler ; la mer était là, prête à rugir. Impossible de bâillonner cette bouche, le vent ; impossible d’édenter cette gueule, la mer. Et pourtant il avait lutté ; homme, il avait combattu corps à corps l’océan ; il s’était colleté avec la tempête. Il avait tenu tête à d’autres anxiétés et à d’autres nécessités encore. Il avait eu affaire à toutes les détresses. Il lui avait fallu sans outils faire des travaux, sans aide remuer des fardeaux, sans science résoudre des problèmes, sans provisions boire et manger, sans lit et sans toit dormir. Sur cet écueil, chevalet tragique, il avait été tour à tour mis à la question par les diverses fatalités tortionnaires de la nature, mère quand bon lui semble, bourreau quand il lui plaît. Il avait vaincu l’isolement, vaincu la faim, vaincu la soif, vaincu le froid, vaincu la fièvre, vaincu le travail, vaincu le sommeil. Il avait rencontré pour lui barrer le passage les obstacles coalisés. Après le dénûment, l’élément ; après la marée, la tourmente ; après la tempête, la pieuvre ; après le monstre, le spectre. Lugubre ironie finale. Dans cet écueil d’où Gilliatt avait compté sortir triomphant, Clubin mort venait de le regarder en riant. Le ricanement du spectre avait raison. Gilliatt se voyait perdu. Gilliatt se voyait aussi mort que Clubin."

Commentaire historique

Cette eau-forte est une composition indépendante en marge de travail d’illustration réalisé par Chifflart pour l’édition Hetzel du roman « Les Travailleurs de la mer », parue en 1869. Le thème qui correspond au chapitre 6, du livre 4 de la deuxième partie – le moment où Gilliatt, après toutes ses épreuves, découvre une voie d’eau dans la panse qui doit le ramener du rocher des Douvres, et touche au fond du désespoir – semble avoir particulièrement retenu l’attention de Chifflart. Il l’illustre bien sûr dans l’édition Hetzel (voir MVHPPH2014.0.41.57) mais il fait photographier une variante non retenue avec l’ensemble de ses dessins (voir MVHPPH2014.0.41.70). C’est le seul cas où l’on a deux compositions pour un même thème. S’il y revient une troisième fois dans une planche d’un format particulièrement important, c’est que ce moment du récit correspond bien à la mélancolie de l’artiste et à la manie de persécution que ses échecs ont développée. Après que Gilliatt ait médité sur le squelette de Clubin, le spectre de celui-ci vient « le regarder en riant », narguant ce héros dont la lutte débouche sur le néant. Les visages d’autres spectres – étrangers au texte hugolien – qui peuple l’arrière-plan en haut de la gravure, souligne la parenté de cette planche avec « Le cauchemar de l’aquafortiste » et « Le réveil de l’aquafortiste » et renforce que le sentiment que l’on est face ici à un véritable autoportrait où Chifflart s’identifie à Gilliatt, et confirme ce que l’on perçoit déjà dans certaines illustrations. La rareté des exemplaires connus de cette gravure laisse penser qu’elle n’a pas été éditée mais fait partie de celles que Chifflart réalisait « pour lui » et ne tirait qu’à un petit nombre d’épreuves.

Thèmes / Sujets / Lieux représentés :
Personne / Personnage représenté
Numéro d’inventaire
699

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