Les Burgraves

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Les Burgraves
CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey
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Autre visuel (1)
Les Burgraves (V.Hugo)
Les Burgraves
Rochegrosse, Georges-Antoine
Datation
1903
Musée
Maison de Victor Hugo - Hauteville House
Auteur(s)
Rochegrosse, Georges-Antoine (Versailles, 02–08–1859 - El Biar, 11–07–1938), peintre
Dates
1903
Datation en siècle
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Numéro d’inventaire
202

Informations détaillées

Auteur(s)
Rochegrosse, Georges-Antoine (Versailles, 02–08–1859 - El Biar, 11–07–1938), peintre
Date de production
1903
Datation en siècle
Type(s) d'objet(s)
Dénomination(s)
Matériaux et techniques
Dimensions - Oeuvre:
  • Hauteur : 105.5 cm
  • Largeur : 135 cm
Dimensions - Cadre:
  • Hauteur : 130.5 cm
  • Largeur : 160.5 cm
Marques, inscriptions, poinçons
Signature - En bas, à droite "G. Rochegrosse"
Description iconographique

La peinture illustre la pièce de théâtre de Victor Hugo « Les Burgraves », scène VI de la deuxième partie, « Le Mendiant ». L'empereur Frédéric Barberousse dans son costume de mendiant, s’est fait reconnaitre et revendique son titre. Magnus veut alors se saisir de lui : Didascalie : « Pendant que Magnus a parlé, le cercle des burgraves s’est resserré lentement autour de l’empereur. Derrière les burgraves est venue se ranger silencieusement une triple ligne de soldats armés jusqu’aux dents, au-dessus desquels s’élève la grand e bannière du burg, mi-partie rouge et noire, avec une hache d’argent brodé dans le champ en gueules, et cette légende sous la hache : MONTI COMAM, VIRO CAPUT. L’empereur, sans reculer d’un pas, tient cette foule en respect. Tout à coup, quand Magnus a fini, l’un des burgraves tire son épée. Cadwalla, tirant son épée.César ! César ! César ! rends-nous nos citadelles ! Darius, tirant son épée.Nos burgs, qui ne sont plus que des nids d’hirondelles ! Hatto, tirant son épée.Rends-nous nos amis morts, qui hantent nos donjons,Quand l’âpre vent des nuits pleure à travers les joncs ! Magnus, saisissant sa hache.Ah ! tu sors du sépulcre ! eh bien, je t’y repousse,Afin qu’au même instant, – tu comprends, Barberousse, –Où le monde entendra cent voix avec transportCrier : il est vivant ! l’écho dise : il est mort !– Tremble donc, insensé qui menaçais nos têtes ! »Le moment représenté, saisissant l’instant dramatique, se situe à l’articulation de la scène et illustre plus précisément le début de la didascalie suivante, introduisant la réplique de Job : Didascalie :« Les burgraves, l’épée haute, pressent Barberousse avec des cris formidable. Job sort de la foule et lève la main. Tous se taisent. » Job, à l’empereur.Sir, mon fils Magnus vous a dit vrai. Vous êtesMon ennemi. C’est moi qui, soldat irrité,Jadis portai la main sur votre majesté.Je vous hais. – Mais je veux une Allemagne au monde.Mon pays plie et penche en une ombre profonde.Sauvez-le ! Moi, je tombe à genoux en ce lieuDevant mon empereur que ramène mon Dieu ! »Le décor est conforme dans ses grandes lignes aux indications de Victor Hugo données au début de l’acte :« La salle des panoplies. A gauche une porte. Au fond une galerie à créneaux laissant voir le ciel. Murailles de basalte nue. Ensemble rude et sévère. Armures complètes à tous les piliers. »L’empereur est ici à gauche de trois-quarts dos, vêtu en mendiant. Job est sur les marches, bras levés. Magnus, en cote de maille grise, se précipite, brandissant la hache. Les trois autres burgraves du premier plan représentent sans doute, Cadwalla, Darius et Hatto. Le bouquet au sol à droite évoque la scène précédente et l’évanouissement de Regina lors de l’arrestation d’Otbert par Hatto.

Commentaire historique

Cette peinture fait partie des commandes passées par Paul Meurice à des artistes vivants, en vue de l’ouverture du musée en 1903. Son choix se porte d’abord vers des artistes ayant déjà illustré l’œuvre de Victor Hugo. C’est le cas de Rochegrosse qui avait donné deux illustrations complètes de romans, « Han d’Island » et « L’Homme qui rit » et qui avait aussi donné les dessins pour « Les Burgraves » dans le volume « théâtre », paru en 1887, de l’Edition Nationale (Emile Testard et Cie, éditeurs) que Paul Meurice supervisait, avec mission particulière de veiller à l’illustration. La logique de la commande est donc la même que pour Luc Olivier Merson (voir « Une Larme pour une goutte d’eau »). On peut penser que ce choix tient en grande partie à Meurice qui a préféré ce sujet car il possédait déjà pour le musée projets - des huiles et des gouaches - pour « Han d’Island » et « L’homme qui rit ». Surtout, Paul Meurice devait tenir particulièrement aux « Burgraves. Lui qui a conduit les reprises du théâtre de Victor Hugo à la fin du second Empire, après les longues années de censure, a programmé pour les fêtes de centenaire, la mise en scène des « Burgraves » à la Comédie-Française en février 1902. Meurice faisait donc grand cas de cette pièce dont pourtant l’échec avait marqué l’arrêt de la production théâtral de Victor Hugo, avant l’exil. Il savait à quel point les voyages sur le Rhin marquent un moment de cristallisation de l’imaginaire hugolien, à la fois sur le plan littéraire et artistique, avec la publication du « Rhin », en 1840 et 1842, « Les Burgraves » en 1843 et l’envol de sa production graphique. Imaginaire que Hugo ne cessera d’entretenir. Les cinq lettres de Rochegrosse à Paul Meurice que conservent les archives du musée – dont deux seulement sont précisément datées – permettent d’éclairer la genèse du tableau. On peut penser que la commande et son sujet ont été arrêtés avec Rochegrosse assez tôt après l’annonce, en juin 1901, de la création du musée et, en tout cas, avant la représentation de la pièce à la Comédie-Française, comme permet de le conclure une lettre du peintre à Meurice : « J’avais vu annoncée la reprise des Burgraves et j’étais en effet très désireux d’y assister ; je vous remercie d’avoir songé à moi. Puisque vous voulez bien me laisser le choix des places […], je préfèrerais une petite loge, ou si possible une baignoire d’où je puisse bien voir la scène. » Le 10 septembre 1902 le peintre écrit « J’ai beaucoup travaillé sur l’esquisse du tableau des Burgraves et, après de nombreux essais je crois avoir trouvé une composition qui vous intéressera ». Proposant de la montrer à Meurice, Rochegrosse s’est rendu chez celui-ci le mois suivant, puisque en date du 31 octobre il remercie l’écrivain : « Combien je vous remercie de l’admirable soirée que j’ai passé hier grâce à vous. Outre la grande joie que nous avons éprouvé, j’ai pu prendre quelques renseignements qui me seront je l’espère, très profitables au point de vue du tableau, auquel je travail en ce moment-ci, avec ardeur. »Les deux autres lettres, sans date, sollicitent Meurice pour qu’il vienne voir la peinture ; l’une signalant son achèvement. Contrairement à Luc-Olivier Merson, Rochegrosse a pris le contrepied du travail réalisé pour l’Edition Nationale. Libéré de la verticalité, obligée par la page pour les grandes gravures hors-texte, il opte pour une composition horizontale et dynamique alors que celles de l’édition étaient statiques. Cette recherche de dynamisme est rendu sensible par le choix du sujet, ce moment d’attaque qui précède immédiatement celui de l’allégeance – où les burgraves s’agenouillent devant Barberousse – que l’artiste avait choisi d’illustrer pour le livre. Est-ce le spectacle de la pièce jouée qui lui a donné ce désir de mouvement ? Ou bien ses échanges avec Meurice auprès duquel nous avons vu qu’il a aussi complété sa connaissance du sujet, celui-ci, encore une fois se montrant toujours attentif et présent, veillant au respect du texte et de l’esprit hugolien et demandant ou suggérant des modifications du tableau en cours.Si Rochegrosse a donc pu s’inspirer de la scénographie de 1902, il ne s’en est pas montrer esclave. Le décor où il place son action est plus parent de celui de la Comédie-Française que de ce qu’il avait dessiné en 1887, dans l’ornementation surtout (la disposition générale étant dans les deux cas relativement fidèle au texte). Pour autant que l’on puisse se fier à une illustration publiée dans la presse, représentant la même scène, Rochegrosse a, semble-t-il placé ses personnages dans le sens inverse, Barberousse à gauche et non à droite. Les costumes s’ils sont aussi proches par l’esprit présentent des différences. Ils servent surtout ici au talent de coloriste de Rochegrosse – avivé par son orientalisme – pour donner, en contraste avec l’austère architecture, le spectacle d’un moyen-âge chatoyant et animé, renforçant le dynamisme de la composition. Si l’illustration marque la genèse des commandes de Paul Meurice, le dialogue qu’il instaure avec les artistes suscite une réélaboration véritablement créatrice.

Thèmes / Sujets / Lieux représentés :
Mode d'acquisition
Nom du donateur, testateur, vendeur
Date d’acquisition
1903
Numéro d’inventaire
202

Prolongement

Prolongement

Exposition(s)

Titre
Accrochage 2009 (Paris)
Dates
01/04/2009 - 01/07/2009
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)
Titre
Accrochage 2008 (Paris)
Dates
30/03/2008 - 30/07/2008
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)
Titre
Accrochage 2006 (Paris)
Dates
18/04/2006 - 29/09/2006
Institution
Maison de Victor Hugo (Paris)

Indexation

Datation en siècle

  • 2e millénaire
    • 20e siècle (82 879)
      • 1ère moitié du 20e siècle
        • 1er quart du 20e siècle

Période

Type(s) d'objet(s)

Dénomination(s)

Matériaux et techniques

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